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Mon chiot comprend tout ce que je dis


L’adoption d’un chiot est une expérience passionnante et unique. Chaque chiot a sa personnalité mais certaines de leurs attitudes sont universelles. Avant tout, j’insiste sur le fait que le premier mois d’adoption doit permettre de faire connaissance.


Le chiot en a besoin pour se sentir en confiance et comprendre que vous devenez sa nouvelle famille. Le deuxième mois vous pouvez insister un peu plus sur son éducation, et ce n’est pas si sûr qu’il comprenne tout ce que vous dites !


Souvent rentrant chez vous, il arrive que votre chiot ne vous fasse pas la fête mais vous accueille l’air penaud, les oreilles et la queue basse, le regard fuyant. « Il a encore fait une bêtise », pensez-vous avant d’inspecter la maison à la recherche d’une flaque d’urine ou d’objets détruits. Pour vous, c’est sûr, votre chien n’a pas la conscience tranquille et demande pardon.


Bien se faire comprendre

Cercle vicieux


Conséquences :

Si le chiot a effectivement commis un délit pendant votre absence: vous le grondez. C’est hélas un non-sens éducatif. D’abord, parce que la punition n’a réellement de valeur que si elle intervient sur le fait mais jamais a posteriori.


Ensuite, c’est une erreur flagrante de communication: le chiot montre des signes de soumission pour désamorcer la colère de son maître, signes qui sont censés l’apaiser. La correction dans ce cas est complètement inadaptée et non comprise par le chiot qui devient anxieux, ce qui l’amènera à faire encore plus de bêtise à la maison redoutant le retour coléreux de son maître...Un vrai cercle vicieux.


Posture de soumission


Donc, il faut comprendre que c’est une aberration de croire que le chien se sent coupable d’un acte effectué avant l’arrivée du maître et qu’il demande pardon. L’animal n’est pas dans une logique humaine de bien et de mal, de justice et d’injustice.


Le chiot ne montre pas de signes de culpabilité mais adopte une posture de soumission pour désamorcer l’agressivité d’un congénère, dans ce cas d’un être humain.


Inconsciemment, le maître anticipe un accident dans la maison et, en passant la porte, exprime une certaine contrariété par des signaux non verbaux que décode le chiot: visage fermé, sourcils froncés, regard inquisiteur, gestes vifs... En réponse, le chiot adopte une posture de soumission qui deviendra un rituel d’accueil à chaque retour à la maison et qui deviendra aussi un symptôme de son anxiété.


« Il comprend tout ce que je dis »

La majorité des propriétaires me disent de leur chien qu’il ne lui manque plus que la parole. L’animal a l’air de comprendre tout ce qu’on lui dit et plus encore. Même s’il vous observe, vous regarde les oreilles dressées et réagit aux propos, le chiot ne comprend pas les phrases. D’où l’idée fausse qu’il comprend le sens des paroles, ce qui amène à des erreurs d’éducation.


Conséquences :

Le maître donne des ordres complexes que le chiot ne comprend pas: « je ne veux pas que tu ailles dehors en mon absence ». Le maître s’énerve, se décourage et le chiot s’amuse de la situation ou plus grave encore, il stresse.


Si le chiot est capable d’entendre, il ne décrypte pas le contenu d’une phrase. Le son prend vraiment un sens pour lui s’il est simple et associé à un acte « stop » ou à un objet précis « biscrok ».


Plus encore, les mimiques faciales, les gestes et le ton de voix que le maître va associer à la voix, permettent au chiot de comprendre ce que l’on veut de lui et de décrypter les ordres.



" Stop ! " Pour être compris de lui, il faut utiliser des mots simples (une à deux syllabes) se rapportant toujours au même acte et accompagnés d’une gestuelle qui sera toujours bien claire pour lui.


Par exemple, dire « Stop ! » tout en restant debout le doigt levé, pour qu’il s’arrête. Puis « bien » associé à une caresse quand il l’a fait. Il faut aussi que toute la famille adopte exactement le même vocabulaire pour les mêmes ordres.


À savoir: Le nom donné au chien n’est pas anodin. Il faut le choisir à une ou deux syllabes bien tranchées.


Lorsque vous aurez établi votre langage clair et précis par la voix et par les gestes, alors laissez le temps à votre chiot de l’assimiler. Plusieurs mois sont parfois nécessaires, n’hésitez pas à faire des exercices pour répéter votre vocabulaire avec lui. Ainsi votre communication sera établie et vous pourrez dire « avec mon chien nous nous comprenons ».



Publié dans le Quotidien de la Réunion le 24/07/16.

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